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 Eden || Sad Garden ||[terminée]

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Eden

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Messages : 7
Date d'inscription : 09/05/2011
Age : 25

MessageSujet: Eden || Sad Garden ||[terminée]   Mar 10 Mai - 10:47




Véritable Prénom & Nom : Deserty Blossom

Surnom : Eden, juste Eden.


Âge :18 ans.

Spécialité : Je suis douée pour imaginer, créer des histoires, des situations, et chanter. J'aime chanter. Je ne sais pas si cela sera utile un jour, mais j'aime créer et chanter.

Orientation :Il ne s'agit pas de mon occupation première...Mais je dirais hétérosexuelle.

Date D’arrivée à la W.H :Il y a deux ans, en 1998.


{ Detals of Your Corpse }


VDescriptionV

Physique :

Je ne vous vois pas. Approchez-vous. Oui, encore. C’est mieux. Qui êtes-vous ? Moi ? Je suis Eden, l’on m’a nommé ainsi. Pourquoi ? Parce que…Parce que. Mais quel est votre nom ? Miroir ? C’est joli. Que faites-vous dans un endroit pareil ? Chercher la vérité, hum, étrange quête, comment vous y prenez-vous ? En reflétant ce que tu es, mon enfant, en te montrant cette horreur nue, immobile dans la froideur et la solitude. Dis-moi, Eden, comment sont les portes de ton jardin ?

Respiration lente. Inspire. Expire. Inspire. Expire. Perds ton souffle. Regardes-toi. Accélère ton pouls. Hurle. Quelle horreur se présente à toi…Et si je dis qu’il s’agit de ton reflet, Eden ? Me croiras-tu si je te dis que ce corps aux veines azurées, au visage blafard, à la maigreur insoutenable est ton corps ? Oui, pleure. Cela vaut mieux pour toi. De toute façon, personne ne te voit pleurer, tout le monde croit que tu es morte, dans ce tube exigu. Froid, si froid…

Les bras croisés sur ta poitrine à demi-disparue, droite comme un I, nue comme un vers, les yeux fermés sur tes iris à la couleur majestueuse. C’est toi. Oui. Là, avec ce masque sur tes lèvres creusées, ces fils et autres tubes s’ancrant dans ta peau et ton crâne, il s’agit des portes usées et grisées de ton jardin.

Tes cheveux. Si beaux, sous le soleil azuré, en plein été, comment peuvent-ils devenir aussi ternes et longs ? Ils ondulent, dans cette eau glacée, te faisant passer pour ce fantôme disparu. On ne reconnaît plus cette couleur de blé. Oui, ils étaient blonds, semblant or sous cet astre luminescent. On aurait dit un ange, tu n’es plus qu’un cadavre.

Maigre. Si maigre dans ton cercueil de silence. J’ai du mal à croire que tu peux vivre, malgré ta peau diaphane, ta façon de respirer, ton ventre si creux, tes jambes frêles. L’on a l’impression qu’il s’agit d’une vieille poupée de porcelaine, à demi-cassé, empoussiérée, apeurée, solitaire et malaimée. Vieille dame. Tu n’as pas de rides, mais tu es comme. Car cette façon de dormir paisiblement, laissant tes cheveux dansés, prônant sans pudeur dans ta nudité aquatique, l’on dirait une centenaire dans son cercueil. Tu es belle, et si indésirable…J’ai du mal à croire que tes ailes sont ta seule source de vie, ta beauté inassouvie, la couleur même te caractérisant.

Multicolores. Dans ton monde de glace, les grandes ailes déployées autour de toi se parent de brocards et d’or, de sang et de verdure, de noirceur et d’innocence. Aux couleurs du ciel, aux couleurs des fleurs, aux couleurs de ton âme. Se sont-elles qui te tiennent en vie par leur danse, leur énergie et leur lumière. Sinon, l’on te croirait définitivement absente de ce monde. Tu serais certainement morte, à leurs yeux, ma tendre enfant, mon petit jardin sans couleurs.

Quelque chose nous attriste, nous ronge. Un cancer des plus pourrissants. Le mal même qui a élu domicile sur ton visage et ton corps. Tes yeux fermés. Une marque rouge et boursouflée. Une brûlure caressant ta douce joue. Découvrant ta maigre gorge. S’enracinant dans ton épaule. Laissant naître la souffrance sur ta hanche et ton omoplate. La laideur même qui fait que tu n’aies pas belle. Mais juste captivante.

Comme j’aimerai voir la couleur de tes iris. Sont-elles vertes ? Bleues ? D’un doux doré se fondant dans l’émeraude de tes pupilles dilatées ? Mais, tu gardes ce secret jalousement, Eden. Tes yeux clos, comme endormie, l’ai-je déjà dit ? Tu parais ange. Tu parais songe. Tes joues creuses, ton grand front, tout ce visage subissant les assauts de la malnutrition, sans broncher, en silence. L’on soupire. Si calme dans ce tube de glace…Peut-être qu’un jour, tes mains frapperont contre le verre. Peut-être qu’un jour, tes yeux à la couleur insatiable me supplieront de te délivrer ?

L’on s’éloigne de ce corps fébrile, de cette âme voyageuse. L’on sort de cette salle si froide et silencieuse. On laisse cet être enchaîné, pétrifié, emprisonné dans cette colonne d’eau. Solitaire, mélancolique, froide. La porte se referme sur le cobaye torturé, avec comme dernier son retentissant comme le glas d’une mort proche à nos oreilles, la forte respiration d’une enfant sans nom. Le rêve se brise. Ton histoire se termine. Tout un monde dans le miroir de ton âme.

Inspire. Expire. Inspire. Expire…


Morale :

Miroir, mon beau miroir, pourquoi veux-tu tant que cela que je t’ouvre les portes de mon jardin ? Pourquoi veux-tu fixer mes fleurs fanées, ma laideur cachée ? Pour te connaître, te comprendre, et réussir peut-être à te tirer de ce désespoir infâme qui te ronge et te pourrit…Je veux te sauver, mon Eden, te voler aux griffes de la Mort, aux mains de ce cancer nauséabond qui ne cesse de te tourmenter, je veux pouvoir t’aider à avancer, et à te libérer…Alors, très cher miroir, commences déjà par refléter ce que je n'arrive plus à trouver. Commences déjà à me prouver ma liberté. Pitié, Miroir, donnes moi ce temps que l'on va bientôt m'enlever...

L’on t’a toujours traitée de folle, de songeuse, de bizarre, de malade. S’ils savaient comme tu as peur, comme tu veux leur faire comprendre la notion de « douleur ». Tu as toujours été ainsi ; faire connaître aux autres ce que tu ressens, les aider à trouver la voie. Mélancolique, libre, et belle dans ton rêve démesuré. Tu es un jardin. Le jardin des Hommes. Tu es Eden. L’assemblage d’Adam et Eve. Le Paradis disparu. S’ils connaissaient ta véritable nature, que diraient-ils, à ton avis ?

Quand je reflète ta profondeur, ce qu’il y a derrière les portes usées de ton jardin, je vois une innocence pleine de blancheur et pourtant, souillée par ses crimes. Je fixe une fleur repliée sur elle-même, attendant de s’épanouir. Je me surprends à penser que cette âme bleue et blanche arrive à apaiser les cœurs, malgré sa pudeur…Et je pleure, oui, je pleure de connaître ta vérité : mourir sans avoir pu savourer ta liberté tant aimée...

Connaître l’heure de sa mort, ça change une personne. Oui. Ça vous détruit. Vous aspire. Vous fatigue. Vous noie dans l’amertume et les regrets. Plus le temps passe, plus le tic tac de ta montre s’intensifie et s’accélère, et plus son bruit incessant te paralyse de peur et de douleur. Si tu avais été comme les autres, je pense que tu aurais été comme autrefois, un brin souriante et réelle, non enfermée dans cette solitude et ces milliers de questions que tu te poses sans interruption.

Le regard des autres ? Leur pitié ? Tu n’aimes pas lorsqu’ils détournent le regard si par malheur tu laisses à découvert le côté droit de ton visage. Celui brûlé. Purulent. Saignant. Moisissant. Cette laideur qui te rend unique et captivante. Non. Tu ne veux pas que l’on t’observe comme une bête de foire. Mais tu n’oses le dire. Pourquoi ? Pour qu’on ne te déteste pas ? Tu parais si innocente, Eden. Tellement candide que tu m’en fais vomir…S’ils savaient la vérité. S’ils savaient comme tu es noire de crimes et de pêchés. Petite menteuse. Sale petite menteuse…

Tu n’es peut-être pas belle de corps, mais ton esprit est merveilleux. Imaginatif. Fort. Grandiose. Généreux. Sensible. Tu souris tant que tu peux, tu veux réconforter et aimer. Tu veux aider et en même temps, être sauver…Oh ! L’on te voit comme une mère dont la voix nous apaise, une sœur qui fait disparaitre nos inquiétudes. Tu es cela, oui. Jamais tu ne t’es mise en colère, jamais tu n’as dit de paroles insensées. Oh, s’ils connaissaient ton mensonge. S’ils arrivaient à cerner comme je cerne ta noirceur incommensurable…

Te cacher la face. Non plus physiquement mais mentalement. As-tu un jour réellement souri ? As-tu ne serait-ce qu’une seconde était toi-même et profiter du bonheur offert après le drame de ta vie ? Toujours triste. Toujours à pleurer des larmes de regret. A te morfondre sur tes « Si j’avais su » ou tes « Si seulement ». Eden, tu nous mens. Jamais encore tu n’as voulu montrer ta constitution fragile, ton âme. Une coque vide. Voilà ce que tu es. Aucun espoir de te sauver de ta solitude et de ta noirceur. Si triste dans cet océan de rêves et de tourmentes… « Une gentille fille. » l’ont dit de toi. Aucun défaut. Aucune qualité. Malgré des années passées en ta compagnie, on ne sait toujours pas qui tu es. Sauf ton nom, ta profession et ce faux sourire que tu offres aux gens…

Tu voudrais tant que l’on t’aime, que l’on te sauve de cette prison de glace, de cette torture permanente. Tu aimerais tant trouver ta voie, ton chemin et ton cœur. Tu souhaites tant ressentir le soleil contre ta joue, la chaleur d’une main, les lèvres d’un être. La pauvre fleur, elle n’a même pas fleurie qu’elle pleure…Recluse en elle-même, la rose qui nous aime, tournant le dos à ce bel été, la rose qui nous est fanée. Je te vois répandre des larmes, dans ton âme meurtrie, dans ta honte de mentir et de te pavaner sous un masque de sourires et de bonté. J’aimerai tant te rassurer, te dire que l’on peut t’aimer. Pourtant, l’on aura beau te tendre notre main, cette part de toi sauvage et froide, emplie de remords et de regrets, ne fera que mordre à sang notre paume. On a l’impression que tu t’empêches de vivre, Eden. On a l’impression que ta vie est vaine…

Eden, douce Eden, l’on voudrait tant te sortir de ce guêpier, te voir dans notre réalité. Tu ne veux plus souffrir ? Mais souffrir, c’est ce qui fait un être vivant…Ne veux-tu plus vivre, fragile jardin ? En as-tu assez de te faire torturer, de sentir la douleur, la violence de ce monde ? Je suis désolé de ce qu’on put te faire les Hommes. Je m’excuse de ton malheur et de tes peines de cœur. Mais par pitié, Eden, mon idylle, ne me caresses plus les cheveux sans me regarder dans les yeux, sans me laisser voir la couleur de tes iris. Utopie de ma vie, je souhaite que tu vives dans notre monde, j’aimerai que tu puisses arrêter de t’occuper des autres sans montrer tes secrets. J'aimerais te sortir de ton univers de mots, de ton imagination. Par pitié, Eden, ne t’échappes plus de nos bras et de nos âmes !

Tu es la mère des pauvres orphelins. Ton épaule est le soutien de nos chagrins. Eden, tu es notre jardin.


Aime/N’aime pas :

Aime : Le ciel, la musique, les personnes souriantes, les masques, les livres, le chant, les histoires, la danse, sa soeur, les fleurs.
N'aime pas : L'orage, le tragique, la mort, le silence, les larmes, les ragots, sa maladie, la brûlure recouvrant la moitié de son corps, les adultes.


Classe : Classe A-2

Q.I :175

Manie :Etant insomniaque, j'ai tendance à me promener aux alentours de l'orphelinat, la nuit. Sinon, je chante quand je suis seule, ou alors je raconte une histoire sortie tout bonnement de mon imagination en marchant. En dernier, je garde dans ma main un violon auquel je joue quand je suis isolée.

Groupe :Silent j'imagine, ou alors Others


OHistoryof the CharacterO




_________________________

« Elle est condamnée »

Ce furent les premières paroles du médecin dès mon arrivée en ce monde. Maman a demandé pourquoi. Papa a pleuré.

« Elle est trop frêle pour résister à l’hiver. Elle est atteinte d’hyperthyroïdie. Je lui donne quelques semaines. Quand à l'autre, elle est en bonne santé.»

Maman a fermé les yeux. Elle n’a versé aucune larme. Finalement, entre elle et Papa, c’était la plus forte. Elle s’occupait de tout dans la maison. Même enceinte de huit mois et demi. Sa vie consistait à nourrir les quatre enfants de notre famille. Puis le cinquième et sixième sont arrivés. Si l'un des deuxmourrait, ça ferait une charge en moins dans la maison. Je sais qu’elle s’est même posé la question s’il n’y avait pas possibilité de me tuer dès maintenant. Maman n’est pas un monstre. En fait, Maman est composée de deux parties. J’ai découvert cela un peu plus tard ; il y a Maman et Elizabeth. Elizabeth c’était la cruelle, la glaciale et méchante femme qui me battait quand elle était en colère ou que j’avais fait une bêtise. Maman c’était la bienheureuse, la jolie fée, les bras réconfortants. Souvent, Elizabeth prenait le contrôle de Maman, mais après m’avoir frappé, elle disparaissait pour laisser Maman pleurer sur mon corps blessé et s’excuser de sa violence. Moi, je ne voulais pas de ses excuses, après tout, c’est Elizabeth qui me frappait, Maman elle était adorable. Adorable…

« Cela fera cinquante livres. »

Monsieur Blossom sortit quelques roubles de sa poche et les tendit au médecin en laissant quelques larmes sur le métal vieilli. Le docteur les essuya sur sa blouse avant de les mettre dans sa poche et de partir comme si de rien n’était. Comme si la mort d’un enfant était chose normale, chose qui arrivait tous les jours dans son monde à lui.
Maman me prit dans ses bras pour me bercer, frêle enfant à la peau livide et aux cheveux de cristal.

« Au moins trouves leurs un nom. »

Ce fut Julien qui dit ces paroles ; le premier fils de la famille. Un peu bourrin, comme Elizabeth. Mais il ne frappait qu’avec les mots. Papa s’offusqua de voir son fils ainsi entrer dans la chambre de Maman. Sauf que Papa ne savait pas qu’en réalité son rejeton couchait avec sa femme. Un inceste ? Un demi puisqu’il n’était pas le fils de Maman. L'on portait peut-être le sang de mon demi-frère dans nos veines. Je ne me suis jamais posée la question de qui était mon vrai père, pour moi, Papa s’occupait beaucoup mieux de moi que Julien. Ce dernier me réprimandait à chaque instant. Il me semble qu’il ne m’a jamais vraiment aimé, bien que la possibilité que je sois sa fille fût présente…


« J’aime bien Deserty et Emma. »

Maman murmura d’un accent russe le mot anglais. Oui, Maman vient de Russie ! Elle était chanteuse de cabaret. « Une jolie voix et une langue bien agile » disaient les spectateurs. C’est Papa qui m’a confié ce secret d’un ton très fier. Il disait qu’il a eût du mal à conquérir Maman. Il fallait la combler de cadeaux pour qu’elle détourne au moins le regard sur l’expéditeur. Puis il s’est ruiné afin qu’elle l’accompagne en Angleterre. Là-bas attendaient Julien âgé de quatorze ans, son petit frère de neuf ans et leur mère qui fut assassinée par Elizabeth puis jetée dans la rivière deux jours après son arrivée.

« Va pour Deserty et Emma, alors. »

Papa me prit dans ses bras et sourit, ses larmes coulant sur ma joue sans vie. Il avait peur de me perdre. J’étais avec Emma, sa première fille. Il en voulait depuis longtemps. Pour lui, la vie était rose. Cependant il travaillait beaucoup, même âgé de soixante ans. Sa barbe rêche m’a toujours plus. J’adorais la caresser et la tirer dans tous les sens. J’ouvris mes yeux, ceux qui ne furent décrits par aucune personne et ne le seraient jamais. Je souris puis ris. Papa lâcha un petit sanglot, Maman roula des yeux pensant certainement qu’il était trop fragile. Julien ne fit que hausser des épaules avant de sortir de la chambre, laissant Maman allaiter Emma. Finalement, je suis née dans une famille normale, non ?


_________________________

« Deserty, s’il te plaît, va surveiller la grange pour que la fée des forêts ne vienne pas nous voler une poule. »

J’ai lâché des yeux la petite poupée de chiffon pour regarder Maman accompagnée de Julien situés au fond la pièce. Âgée de onze ans, je ne comprenais pas encore ce qu’il se passait entre deux adultes qui s’aimaient mais je savais que quand Maman demandait que j’aille surveiller la grange, c’est qu’il ne fallait pas la déranger. Alors, à l’aide de ma canne en bois, je me suis hissé sur mes deux jambes, gardant Marguerite dans ma main. Marguerite ? C’est ma poupée. Papa me l’a offerte lorsqu’il a su que je vivrais plus longtemps que prévu. Le docteur disait toujours que la maladie se propagerait rapidement et que j’allais mourir dans deux semaines, à chacune de ses visites. Finalement, j’étais toujours en vie.

A peine sortie de la maison, j’ai croisé Emma, qui me sourit en apportant un seau d'eau à la maison. J’étais un peu jalouse d’elle car Maman la récompensait d’affection puisqu’elle travaillait dure. Moi, dû à ma santé, je devais restée tranquille jour et nuit. Alors Maman m’ignorait assez souvent. Emma me proposa de m'aider à aller jusqu'à la grande, je m'en voulais de la jalouser c'était la seule sur laquelle je pouvais compter avec Papa. Je l'aimais, tant et plus...

J’ai souris, refusant puis continuant mon bonhomme de chemin jusqu’à la petite grange et la basse cour. Je me suis assise contre le mur du bâtiment en bois pour fixer intensément les sous-bois de la forêt bordant la maison. La fée des forêts devrait venir de par là, non ? Je restais concentrer, les oreilles prêtent à identifier le moindre son suspect. Mes yeux à repérer tout mouvement dans les fourrés. Cependant, je me suis laissée aller à penser, à regarder le ciel, à me demander quand j’allais mourir.


« Tu n’as toujours pas trouvé la fée des forêts ? »

J’ai sursauté, ne m’attendant pas à entendre le ton grave de Papa. M’aidant du petit bâton j’ai sauté dans ses bras en souriant. Au moins, Papa ne me disait pas de choses blessantes comme Julien ! Et il m’aimait, tout simplement. Sa barbe de trois jours était toujours aussi piquante, j’adorais cette sensation. Posée sur son épaule, j’aimais aussi toucher ses cheveux gras et poivres et sels. Papa était mon bonheur.

« Tu sais où est Maman ? »

Tout en me questionnant, il me déposa au sol, sur mes deux jambes, attendant que je retrouve mon équilibre pour me lâcher. Généralement, je disais toujours que Maman était dans la maison. Mais avant cela, je criais le nom de Papa quand il arrivait. Peut-être que si j’avais fait comme d’habitude, ce ne serait pas arrivé, peut-être n’aurais-je pas été prise de remords…

« Maman elle fait dodo avec Julien. »

C’était dit si innocemment ! Avec tant de candeur que cela sonnait telle une jolie déclaration d’amour, de beauté et de fraîcheur. On eu crût que toute douleur avait disparue de ces mots. La vérité sort de la bouche des enfants, non ? Ni une ni deux, voilà que Papa court vers la maison en me laissant là, sur mon bout de bâton, Marguerite dans mes bras. Mon cœur se serra, je me suis dit que j’avais fait une bêtise. Pourtant, je restais immobile, pétrifiée dans cet instant lourd et oppressant, ou même les oiseaux n’osaient chanter.

Le cri de Maman se fit entendre. Comme pour sonner l’envoi de l’adrénaline dans mes veines. J’ai tenté de courir sur quelques mètres avant de tomber au sol. Un second cri. Des bruits de pas. Tout cela résonnant dans mon crâne comme l’écho d’un nouveau malheur. J’ai rampé. Portée par l’espoir que cela fût un cauchemar, par la curiosité enfantine…Coup de feu. Tout se glaça. Il y eût un profond silence. J’arrivais aux abords de la maisonnée, les genoux et les bras en sang. Une ombre se dessina à l’entrée. C’est Papa ? Il a fait du mal à Maman ? Pourquoi ne me regarde-t-il pas ?

Le visage de Julien apparut dans l’encadrement de la porte. Empli d’une tension inquiétante. Il ne me jeta aucun regard, alla juste chercher Emma dans les bois. Moi ? J’ai regardé à l’intérieur. J’ai planté mes yeux dans ceux de Papa. J’ai chuchoté son nom. J’ai quémandé Maman. Aucune réponse. Je me suis rapprochée. Escaladant tant bien que mal les escaliers pour arriver à lui. Il restait debout, inerte contre le mur. A côté ? Maman. Vu que Papa ne bougeait pas, j’ai essayé de tirer la jupe de Maman ; ma main toucha un étrange liquide carmin. Tout alla rapidement.

Papa me tomba dessus, Maman aussi. Je n’arrivais pas à me dégager. Julien est rentré, Emma pleurant au bras. Il prit du feu de la cheminée et le jeta près de la poudre à fusil que Papa vendait. J’ai crié son nom, pleurant, ne comprenant pas ce qu’il se passait. Pourquoi Papa il ne bouge plus ? Pourquoi Maman ne me gifle pas ? Pourquoi suis-je couverte de sang ? Il me fixa de ses yeux noisette. Il sourit, satisfait. Puis disparu. J’ai crié. De désespoir. De peur. De souffrance. Il se passait quoi ? Pourquoi Emma et pas moi ? J’allais crier encore une fois mais un bruit sourd me coupa, et me projeta contre le mur, aplatie entre les deux corps.

Le feu. La mort. La fumée. La souffrance. L’Enfer ? Seulement un avant-goût.


_________________________

« Elle est condamnée »

Et moi qui croyais que ce n’était que le docteur de la famille qui avait tort…Finalement, ils sont tous d’accord sur mon état de santé. Je ne pensais pas entendre une nouvelle fois ces paroles. J’avais l’impression de revenir dans cette petite maison où j’avais vécue. Maintenant, elle était brûlée. Comme je lui ressemblais ! Ma tante n’osait me fixer dans les yeux. Petite femme rondelette qui venait d’apprendre que sa sœur défunte lui avait laissée une fille à moitié brûlée et qui allait bientôt mourir. Ironie du sort, je me demande encore pourquoi elle ne m’a pas tout simplement abandonnée.

« Graves brûlures sur la moitié du visage, le cou, l’épaule, la hanche et l’omoplate. Tout du côté droit. Je me demande même comment elle a pu survivre à l’explosion et à la douleur malgré sa constitution fragile. »

Tante Emilie elle s’appelait. Je la fixais, de mon air morne. Retenant la douleur s’accumulant dans mon cœur. Je me sentais fautive. Papa il est mort à cause de moi. Maman aussi. Julien me déteste. Ma tendre Emma n'est plus là. Par six mots, j’ai détruit toute une vie. Elle n’était pas belle, mais me suffisait. Tout détruit. Mon bonheur. Ma famille. Marguerite. Emma. Tout…Je me dégoûtais. Mourir ? Pour une fois, je veux bien. Je ne me supporte plus. Autant fermer les yeux, alors. Les yeux que Papa adorait. Une couleur que je n’arrive plus à me remémorer.

Emilie me fixa, un peu gênée et surtout compatissante. Maman ne m’avait jamais dit qu’elle avait une sœur. Tout comme elle ne lui avait plus parlé depuis qu’elle habitait en Angleterre. Tante Emilie était tout le contraire de Maman. Aussi bien physiquement que moralement. Elle tenait une troupe de troubadours russes. Lorsqu’elle apprit qu’on lui laissait une nièce handicapée, elle allait ouvrir les portes de son premier cabaret en Pologne. Je devais être un lourd poids à porter…

« Pauvre enfant…Pourquoi n’ouvre-t-elle pas les yeux ? »

Elle se mordit les lèvres. Sa curiosité fût trop forte. Eh oui ! Tante Emilie est maladroite, grassouillette, rigolote, gentille et compatissante ! Je m’étais attachée à cette femme. On aurait dit plus une mère que Elizabeth…Le médecin sourit, n’osant me regarder à cause de mon visage découvert.


« On suppose par pur choc. Elle a tout de même vu ses parents mourir et brûler devant ses yeux. Et puis son frère n’a pas été très tendre. »

Vous savez le plus ironique dans tout cela ? C’est le « tout de même » et ce ton condescendant. Tout le long de mon séjour dans ce petit hôpital, les médecins racontaient mon histoire et les causes de mon handicap. Ils le disaient, devant moi. Croyant peut-être que je ne comprenais pas. Mais j’entendais tout. Je savais par un regard qu’on parlait de mon histoire. La souffrance n’arrêtait pas de m’empoigner le cœur, à chaque mot susurré, à chaque note de voix compatissante, à chaque larme coulée, je me remémorais mon acte de trahison. Car il s’agissait bien là d’accusation. En laissant échapper six mots, j’ai tué deux personnes. J’ai scellé mon destin. Remords. Regrets. Ces visages à jamais perdus se représentaient dans leur laideur et leurs brûlures, me montrant du doigt dans mes rêves. Ce fut l’Enfer.

« Deserty ? »

Je tends l’oreille, offrant le côté brûlé de mon visage à la vision de ma tante assise près de mon lit. Sa voix était douce. Comme elle ressemblait à celle de Maman ! J’en aurais presque pleuré…Je n’ai pas réagi à la sensation de sa main boudinée contre la mienne. Le frôlement de ses ongles sur ma peau, les petits bracelets posés contre mon bras. Comme elle devait étinceler de bijoux ! Maman mettait aussi des bijoux. Elle rayonnait dans ces moments là et j’étais fière d’être sa fille. De quoi y a-t-il d’être fier d’avoir tué sa mère ? Je sentis l’amertume courir mes veines. Mes lèvres commencèrent à trembler. J’avais envie de m’excuser. De demander pardon. De hurler que je ne voulais pas ça. On allait me blâmer. Me punir. Me détruire. Me détester car par ma cruauté j’ai tué mes parents…

« Quand tu seras rétablie, je te montrerais les jolis lamas que je possède, d’accord ? »

Et j’ai pleuré. Tant et plus. Emilie était si gentille…On eût dit qu’elle me comprenait. Mes sanglots résonnèrent dans la pièce, libérés par cette tonne de ressentiments à mon égard. Pourtant, malgré tout, je ne pouvais m’ôter de la tête que si je n’avais pas dit ces six mots, Papa me sourirait encore et Maman aurait continué à me battre. C’est nul…Je crois que je ne réussirais jamais à oublier leurs visages déformés par la mort et cramoisis par les flammes. Ni même mon Emma, ma part déchirée...Il me semble que c'est là, que j'ai commencé à rêver.

_________________________

11 juin 14h17
Ma jumelle et moi

"Aujourd’hui, l’on va pique niquer dans le jardin, ma sœur Emma et moi. Etrangement, je suis un peu tendue ; il s’agit de notre première rencontre, à ma jumelle et moi. Je me pose encore la question du pourquoi de nous avoir séparés afin de nous faire vivre dans des parties de la maison distinctes. L’on n’a jamais voulu me répondre, et comme je suis une enfant, je vais tenter de connaître le pourquoi du comment…
Dix ans déjà ! Je ne l’ai pas vu depuis dix ans et aujourd’hui, il s’agit de notre anniversaire ! Papa et Maman sont revenus de leur voyage, fatigués mais heureux de me voir et de la voir Elle, je suppose. Quels sont les liens qui unissent mes parents à ma jumelle ? Sont-ils plus forts que les nôtres ? J’en aurais le cœur brisé. Pourtant, au fond de moi, je sais que Papa et Maman nous aiment autant l’une que l’autre. Ca me fait plaisir. Oui, ça me fait plaisir de voir qu’on va enfin former une famille.
A leur retour, profitant de la fatigue les assaillant, j’ai voulu négocier mon séjour dans la maison. Depuis ma naissance, l’on m’a interdit de sortir, de me montrer aux invités. J’ai demandé pourquoi, mais les domestiques m’ont juste fixé d’un air gêné. J’ai eu peur d’avoir commis une bêtise…Cependant, j’ai risqué de poser la question à Papa, qui m’a rit au nez avant de me dire que j’étais un peu trop spéciale et fragile pour pouvoir me montrer au grand jour et qu’il fallait être patiente. Au moins, j’ai eu une réponse, même si elle ne me plaît guère…Ah ! Je dois y aller, Emma vient d’arriver prêt du pommier, comme elle paraît jolie de loin !"

28 décembre 10h05
Parc d'attractions

"Je suis désolée d’avoir si peu de temps à te consacrer, seulement, je m’amuse énormément avec ma sœur jumelle. Désormais, c’est elle, qui écoute mes pensées et mes chagrins. Tu sais, cher journal, je la croyais comme moi, fragile, aimable et enfantine. Elle se révélait tout le contraire ; plus mature que moi, rieuse et bagarreuse. C’était certes une sorte de garçon manqué, elle porte rarement de robe et se montre affectueuse qu’à certains moments. C’est un peu comme un chat sauvage, elle est trop mignonne ! Je l’adore tellement…
Papa et Maman vont nous emmener dehors. Oui, dehors ! Il n’a suffit que de deux ans pour les convaincre de nous laisser sortir. On va aller au parc d’attractions, comme je suis heureuse ! Tu imagines, moi, au parc d’attractions ?! C’est totalement fou ! Je suis si impatiente qu’on y aille…Bon, je dois porter une longue cape et un chapeau pour être discrète, cela m’intrigue mais le principal, c’est que je vais faire des montagnes russes !
Je te raconterai tout ce soir, promis je ne t’oublierai pas !"

28 décembre 19h00
Mort

"Pas le temps. Poursuivis. Urgence. Alerte. Deux hommes. Forts. Glace. Feu. Maman morte. Bruits forts. J’ai peur. Emma enfuie ou cachée, je ne sais pas. Je suis blessée. Quelque chose dans le ventre, ça fait mal. Je vais mourir. Silence. Bruits de pas. J’ai peur ! Sang. Adrénaline. L’un à des cheveux verts, l’autre possède une cicatrice. Ils arrivent. Défonce la porte. Je ne veux pas mourir ! Non, je ne veux pas. Ils vont me…Noiiiiii…"

_________________________

"...Que dit-elle ?"
"Une histoire."
"Je ne comprends pas, Docteur. Vous m'avez dit qu'elle allait beaucoup mieux !"
"C'est le cas. Mais elle s'enferme dans un songe éveillé, trouvant le bonheur certainement dans ses histoires. J'imagine, puisqu'on dirait une utopie."
"Pauvre enfant..."


_________________________




Dans mon monde à moi, celui des fées des bois, vivait une jolie famille. Joyeuse, souriante et cachée, elle trouvait le bonheur dans le fait de ne plus appartenir à l’humanité. Etrange concept que de ne plus exister aux yeux du monde, et pourtant, il s’agit du meilleur remède contre les dangers des Hommes. Si seulement je n’avais pas voulu visiter ce parc d’attractions, si seulement je n’avais pas couru pour rattraper ma sœur, peut-être serions-nous encore là, à regarder le soleil se lever, à sourire à ce bel été…

« Emma ! Emmaaaa ! »

Hurlement. Pleurs. Souffrance que de perdre l’être aimé, cette part qui nous restait, nous empêchait de tomber dans l’animalité, la seule lumière de notre chemin…Perdue. Envolée. Dans une mare de sang illusoire. Elle me fixe, de ses yeux noirs, la décédée. Oubliée dans les abîmes de mes ténèbres, délaissée par la vie elle-même. Emma, ma tendre Emma…Allongée au sol, dans une position macabre, immobile, laissant cette lourde impression d’avoir été pris en étau, d’être la faute d’un destin fini. Emma, ma tendre Emma…Cet homme debout, souriant aux éclats, victorieux de ta chair, de ton sang giclant sur ses souliers. Il est là, il attend. Oui, il attend cette colère sauvage de ceux à pouvoirs. Il est impatient de voir le monstre et de découvrir cette nature endormie au fond de mon cœur. Emma, ma tendre Emma…Je suis désolée, je vais devoir m’en aller. Tu m’excuseras, unh ?

Sanglots innommables, cris de souffrance et de terreur. L’enfant est seule, enchaînée, amaigrie, abandonnée dans ce monde de violences, aux mains des hommes et de leurs machines. Ses ailes sont punaisées, accrochée tel un papillon, elle continue de verser ses larmes. Seule, solitaire, terrible éplorée. Dans ce reflet qui est le mien, je vois bien ta panique, j’ai pitié, je compatis, et en même temps j’ai peur de la suite. Je ne suis qu’un miroir, un objet quelconque, mais j’ai peur de me briser et de déverser dans cette pièce gelée, la haine et la rancœur de ton âme…

Silence. Pénible et pesant. Craquelures, sang se déversant sur le sol moite. Tes chaînes se brisent, comme les os de tes poignets. Pourtant, tu n’as pas mal. Non, et tu sais pourquoi ? Car tu es absente de ton corps, ma chérie, mon papillon de minuit. Ton regard colérique croise celui de ton bourreau, il ne sourit plus, et tu sais pourquoi ? Car tu t’avances vers lui, décidée, sans toucher le sol. Quel est ce cauchemar qu’il a réveillé ? Il se demande, il panique. Il a peur…

Le monstre envoie les agents du diable contre les humains armés de fusils et de couteaux. Il arrive si facilement à les briser, comme de la porcelaine…Griffures, morsures, déchirures. Des corps en lambeaux, des balles arrêtées comme par enchantement à deux centimètres de ton visage…On a peur. Si peur. Il court, l’humain qui a détruit ta vie. Tu le suis, impassible, si froide au sang qui gicle sur ton visage. Seul ton regard laisse voir ton envie sanguinaire et sauvage de le voir crever de tes mains…Emma, ta tendre Emma…Le voilà acculé, apeuré, c’est si pathétique. Tu te rapproches, il pleure. Voilà qu’il verse les mêmes larmes que toi, seulement, ici, c’est toi la victime.

Il recule, se recroquevillant contre un mur, regardant avec horreur tous ces corps laissés à l’abandon, avant de revenir à toi, le papillon déchaîné, baignant dans ce liquide vermeil désiré…Il voit alors quelque chose de flou, s’alliant avec le décor, presque invisible. Son regard s’agrandit. As-tu compris ? Il hurle. Il pleure. Il sanglote. Il va mourir à cause de ta voix, de tes larmes, de ton histoire et de ton amour pour Emma. Ce n'est qu'un songe, une de tes histoires, tu es déconnectée de la réalité, ici tu es la maîtresse et tu veux t'échapper de ton monde pour celui-ci, mais alors pourquoi ? Pourquoi tant de visions d'horreur et de souffrance ? Emma n'est pas morte, Deserty, elle ne l'a jamais été ! Tu te retournes et attaques un humain en blouse blanche. Sa tête mise en lambeaux, il s’écroule. Tu tires un objet de ton cou ; une seringue. Te voilà partie. Tu comprends. Tu es furieuse. Et dans un ultime effort, tu tentes de tuer cet homme. En vain…Quel étrange endroit, que le rouge sang de mes ténèbres.

_________________________

Mes yeux fixent sans voir un homme, assez vieux vu sa voix, qui se présenta sous le nom de Roger.
"Deserty, désolée de te couper dans ton histoire mais je viens te chercher."
"Pour aller où ? Je vais revoir Emma ?"
"Non, je suis désolée. Il n'y a pas Emma là où nous allons."
"Alors je ne viens pas."
"Si tu m'accompagnes, on pourra un jour retrouver Emma."
"Où vas-t-on alors ?"
"Dans un orphelinat, la Wammy's House. Ton QI est assez important, et ton imagination est supérieure à la moyenne."
"Pourquoi un orphelinat ? J'ai encore mon papa et ma maman. Ils sont là-bas, près de la fleur, ils me sourients, il y a..."
"Tu me raconteras la suite plus tard, viens, je te promets que tu retrouveras Emma."
"Promis ?"
"Promis"
"...Je peux juste terminer mon histoire ?"
"Oui, j'ai hâte d'entendre la fin."

_________________________



Quel doux rêve que celui de te voir me sourire. Quelle merveilleuse réalité que de sentir tes bras. Emma, Emma…Comme j’ai l’impression que la réalité n’est autre que toi. Le monde dans lequel je vis semble bien plus cauchemar et irréel que ta seule vue. Et puis, tu es si douce et bienveillante, Emma. Tu ne m'as jamais autant serré dans tes bras, même lorsque tu pleurais. J’aimerai continuer à croire qu’il s’agit de ma réalité, que cette cage dans laquelle je suis enfermée est un songe. Seulement Emma, tu es morte, égorgée par le bourreau de mon âme. Tu n’es plus, à cause de ta jumelle, Emma. Me pardonneras-tu un jour ?

Mes yeux s’ouvrent sur le monde qui m’entoure. J’ai mal. La souffrance m’enlise, je ne sais plus où je suis, ni même qui je suis. En face, des personnages inconnus, ils discutent, ils me regardent. Sans haine, sans curiosité, sans animosité, sans rien sauf un regard morne.

Je tente de bouger, mais reste immobile, droite comme un piquet, les bras croisés. Je ne peux contracter aucun muscle…L’angoisse me prend soudain. Pourquoi suis-je dans cette position ? Que s’est-il passé ? Emma…Où est Emma ? Mon cœur se serre. Emma. Emma. Emma. Emma ! J’ai peur, terriblement peur...Emma, ma douce moitié, t’es-tu réellement envolée ? Je ne te reverrais jamais, n’est-ce pas ? Tu es partie sans un au revoir, comme d’habitude, Emma…

J’essaie encore et toujours de me débattre, ne trouvant comme refuge que l’obscurité éclairée du soir. Cette douce fenêtre me faisant face, si proche et pourtant si lointaine…Le bruissement des feuilles, mon esprit s’envolant, et je me débats. Pauvre petit papillon, il tente de s’envoler, vers la délicate liberté, mais sans plus de succès, le voilà prisonnier, le bel infortuné.
On lève les yeux vers ce cobaye au teint d’albâtre. Une onde de choc, lourde et pesante, hurlant à l’aide et suppliante. Mon esprit se débat, tente de fuir cette enveloppe douloureuse. En vain, toujours en vain…Mes efforts ne m’amènent à rien, alors à quoi bon se battre pour survivre ?

Un homme s’approche de moi, je me fige plus que je ne le suis déjà. Il me fixe, plongeant son regard de braise dans le mien indescriptible. Et soudain, il sourit, de ce sourire malveillant que je connais trop bien. Non…Je ne veux plus avoir mal. Je ne veux plus souffrir, ayez pitié ! Sa main caresse délicatement un bouton de ma chemise. Il dit son nom : Julien. Traître. Infâme traître violent et tuant mes êtres chers ! Pourquoi, pourquoi ? Souffrance. Douleur. Mort. Froid. Silence.

La pluie. Si douce et belle. Glacée dans ce monde vermeil. Je suffoque. Comme elle est belle, cette bruine intense qui caresse mon cœur blessé. Emma…Ma tendre Emma, j’aimerai tant te rejoindre. Mais, ma jumelle, mon âme sœur, je crois bien que je n’ai même plus le droit de mourir. Tu ne m’en voudras pas, n’est-ce pas ?

Et le joli jardin d’Eden, la dernière porte à l’édifice, est bâti. Les portes se ferment sur l’histoire d’une enfant en deuil qui certes, ressent la souffrance comme tous ses autres congénères, qui certes, possède aussi l’envie de mourir. Mais bien que la souffrance ne soit pas unique, bien que ce désir de s’envoler est le même pour tous les malheureux ces deux choses n’en restent pas moins fortes et insupportables. Chaque chanson que l’on chante, nous autres torturés, est un abîme sans fin sur nos envies et nos désespoirs, nos remords et notre nostalgie…Ah ! Mélancolie illusoire que la liberté de revoir ces êtres chers, que de revoir ma douce Emma.

Bloc de glace. Figée dans le temps. Torturée du soir. Éternité du moment.


_________________________

"Eden..."
"Oui ?"
"Je peux te poser une question ? Tes histoires sont toujours tristes, laisses-tu une part de toi, à l'intérieur ?"
"Peut-être...Dis-moi, comment tu t'appelles déjà ?"
"Mort. Je me nomme Mort."
"Etrange nom. Pourquoi es-tu venue ?"
"Ecouter une de tes histoires. Et aussi te dire qu'il te reste un an à vivre. Le médecin l'a laissé échappé. Tu t'enlises dans ta maladie, dans notre réalité."
"Je m'en fiche. Dis-moi, tu sais où est Emma ?"
"...Non...Tu peux me raconter une autre histoire ? Avec une fin heureuse, cette fois-ci."
"Je veux bien, mais je dois bientôt aller en cours, sinon on va s'inquiéter."
"Dans ce cas, pour perdre moins de temps, fais le en chantant. Je t'en prie ! Et puis, je te promets qu'on ira retrouver Emma, ensuite."
"D'accord. Alors, c'est une jeune fille qui..."


_________________________

ÓBehind the PCÓ

Pseudonyme :Nitsu

Comment as-tu trouvé le forum ?Partenaire \o/

Comment est le design ?Sympa, mais je n'aime pas trop la bannière.
Je lui donnerais 14/20.


Age :Vous n'avez pas honte de demander l'âge d'une demoiselle ?! è0é /brique de la mort/ 17 rides et quelques plis...


Mangas préférés :Je suis obligée de tous les citer ? TT...Bon alors : Death Note (sans blague), Tsubasa Reservoir Chronicle, Hellsing, Hellsing Ultimate, Nana, Saiyuki, Alice au royaume de coeur, Switch Girl, Five, Elle et Lui Kare Kano, Twinkles Stars, Lovely Devil, Doubt, Diabolic Garden, Special A, Fairy Tail, Crimson Prince, Otomen, Hakkouki Shinsengumi Kitan, Kyo, Fullmetal Alchemist, et j'en passe...*se rend compte qu'elle a écrit un roman et qu'elle en rajoute en ajoutant cette phrase ne servant à rien...=X*

[b]Personnage préféré dans DEATH NOTE :
Je dois vraiment choisir ? oO Ryuk 8D /brique/ L x)

Autre chose a ajouter ?Si vous avez une quelconque question concernant cette fiche...Gardez la pour vous.8D /brique/

CODE : [b]Okay By Nighty ~


Dernière édition par Eden le Mar 10 Mai - 16:09, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Eden || Sad Garden ||[terminée]   Mar 10 Mai - 14:36

J'ai terminé ma fiche...Heureusement, sinon je crois que j'aurais tué les admins...Veuillez m'excuser <<
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MessageSujet: Re: Eden || Sad Garden ||[terminée]   Mar 10 Mai - 14:43

*est mort*

oh nononon ^^ ne t'excuse pas Surprised ! Alors, ce que j'ai à dire c'est long...Très long même O.O ! Heureusement que j'ai lu jusqu'au bout parce que ça me plaisait bien...et je n'ai qu'une chose à dire :

Je te valide Wink mais je préfère attendre Mlle Pumkin pour choisir le groupe (parce que ce n'est pas ma spécialité T.T désolé >.>)

Sinon bon Rp Smile
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MessageSujet: Re: Eden || Sad Garden ||[terminée]   Mar 10 Mai - 18:47

Tout d'abord : Salut à toi !
Puis je te vénérer ? car oui, ton niveau de rp est excellent, rien a voir avec le mien, qui est totalement pourri ! (on sent bien que je ne rp pas depuis longtemps...................)

Alors je te valide tout de suite, et pour ton personnage, je choisirais plutot la catégorie "SILENT" Smile Cela te convient il ?

Réponds vite, que je te valide ♥️

_________________
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MessageSujet: Re: Eden || Sad Garden ||[terminée]   Mar 10 Mai - 20:02

Je te remercie ♥. Et je te rassure immédiatement, ton niveau est loin d'être pourri, quand j'ai commencé à écrire, j'écrivais beaucoup moins bien que ça xDD

Silent me convient parfaitement, valides moi valides moi 8D /brique de la mort/

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MessageSujet: Re: Eden || Sad Garden ||[terminée]   Mar 10 Mai - 20:27

D'accord je te valide (héhé je remplace Bubble Razz ) sous le groupe Slient

Bon Rp Wink

Ps: tout le monde est passé par là pour un niveau de rp exécrable ^^ alors pas de panique Razz on apprendra au fur et à mesure par le temps Smile
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MessageSujet: Re: Eden || Sad Garden ||[terminée]   

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